Des à-côtés révélateurs
Initialement prévue le 14 janvier, elle a été repoussée au 22 suite au décalage du CSA ministériel au 17 … en raison de la nomination très tardive d’une nouvelle ministre, la 5e en un an.
Les documents nous ont été communiqués en fin de journée le vendredi 17 janvier pour un groupe de travail le mardi 21 !
Devant cet empressement à faire réaliser aux élus des personnels un travail bâclé, ceux de la FSU ont refusé de siéger. La séance a été reportée au 29 janvier … et n’a pas été présidée par la Rectrice.
Une séance de CSA pour quoi faire ?
Cette séance a principalement traité de la préparation de la rentrée 2025 dans nos établissements.
Au menu : effectifs d’élèves attendus, moyens en professeurs, cpe, psyen, cartes des langues et des sections sportives.
Les données globales
Dans le second degré, notre académie se distingue encore par une progression du nombre prévu d’élèves + 804, soit + 0,5 %. Cette progression se ferait sur les LGT (en particulier dans les Alpes-Maritimes) pré et post bac. Les effectifs dans les collèges seraient en recul.
Les moyens suivent la même évolution. Cela se traduit par 75 etp supplémentaires. Selon le Secrétaire Général du rectorat, cela permettra non seulement de suivre l’évolution démographique mais aussi d’améliorer les taux d’encadrement dans les collèges et les LP et de financer l’heure d’accompagnement en 4e et en 3e.
Il n’y a donc aucune amélioration des conditions de travail à attendre en LGT et, au vu de la dotation supplémentaire, on se doute qu’elles ne vont pas se transformer sensiblement en collège non plus ! Notre académie va rester solidement à l’avant-dernière place nationale pour les moyens alloués aux collégiens.
Nous avons rappelé qu’avoir des moyens en hausse était la moindre des choses. Mais cela ne servirait à rien si nous manquions cruellement de personnels titulaires (comme cette année) ! Pour cela, le nombre d’entrants dans l’académie au mouvement inter devra être en hausse.
Deux nouveautés lourdes de sens
1. Du remplacement
Il est prévu de diminuer le potentiel de remplacement de longue durée de 21 etp et de diminuer le nombre d’HSE prévues pour des remplacements.
Le SG justifie avec deux arguments :
- les absences de longue durée sont couvertes à 96 %, plus que la moyenne nationale. Ce « petit » retrait de moyens de devrait pas trop dégrader ce pourcentage.
C’est vraiment faire peu de cas des remontées des établissements où de trop nombreux remplacements longs ne sont déjà plus assurés, laissant des élèves parfois pendant un mois sans professeur !
Selon le SG il y aurait dans certaines disciplines des marges de progression (entendez des moyens excédentaires à supprimer). Nous souhaitons bon courage aux services rectoraux « qui feront ce qu’il faut » et de la patience aux élèves et à leurs parents dans l’attente de remplacements longs souvent prévus de longue date ! - le pacte RCD n’est pas suffisamment utilisé ! Les collègues sont encore trop nombreux à le rejeter, les chefs d’établissements le savent et n’hésitent pas à rémunérer du RCD hors pacte avec des HSE. Dans un récent courrier, le SG a donc tancé ces chefs, en leur rappelant les objectifs académiques : les HSE c’est terminé, dorénavant les remplacements se feront uniquement sur du Pacte RCD.
Bref, pour le Rectorat, ce qui importe c’est d’imposer le pacte RCD, quoi qu’il en coûte. L’important ce n’est pas que le remplacement soit effectué par des personnels formés, volontaires, soucieux de la défense de leur statut et qu’il soit pédagogiquement utile. Non, l’important c’est de pouvoir afficher que le Pacte RCD a rencontré un succès massif, quitte à dégrader le remplacement long … ou à le faire assurer par une voie détournée et donc irrégulière par des collègues pactés pour du RCD !
2. Des moyens de CPE
Depuis des années, les établissements de l’académie sont classés en fonction des moyens en postes de CPE. Un classement similaire est fait pour ceux d’AED. Le nombre d’élèves actuel et celui prévu à la future rentrée, ainsi que la dotation actuelle sont pris en compte.
Ces classements sont utilisés pour répartir d’éventuelles créations de postes.
Dans le cadre d’un plan intitulé « tranquillité » annoncé en janvier, notre académie bénéficie de la création de 9 etp de CPE et de 26 etp d’AED.
La Rectrice a souhaité utiliser de nouveaux critères : l’occurence d’une crise paroxystique récente, le nombre de faits établissements remontés et la présence dans un quartier politique de la ville. Deux niveaux de sensibilité ont alors été définis : ceux « particulièrement suivis », estampillés S1, et ceux « suivis », les S2. Hors LP et établissements privés, il y a 24 S1 et 33 S2. Nous n’avons pas connaissance d’une règle d’éligibilité à ce statut ni de répartition entre S1 et S2.
Pour les CPE, il est prévu d’implanter 5 etp dans des S1 et 4 dans des S2.
Vos élus FSU se sont réjouis de ces nouveaux moyens. En outre, la prise en compte de nouveaux critères peut permettre de mieux cerner les besoins de certains établissements. Encore faut-il qu’ils soient clairement définis. Et là, adeptes de la cohérence, passez votre chemin ! Voici un petit florilège des soucis que nous avons soulevés :
- pourquoi certains établissements S2 reçoivent 0,5 ou 1 etp de CPE alors que des S1 n’ont rien et sont moins bien dotés à l’ancien barème ?
Réponse édifiante n°1 : « il ne faut pas voir les choses de manière trop algorithmique, la sensibilité est une dimension subjective, un S2 peut donc être plus prioritaire qu’un S1 »
Réponse édifiante n°2 quand les élus FSU pointent des exemples d’établissements qui mériteraient au moins tout autant d’avoir des créations de postes : « ces établissements ont déjà 2 CPE », bref ils ont déjà ce qu’il faut ! Et pourtant certains auront des moyens supplémentaires et ont aussi 2 CPE ! - des demi-etp sont parfois attribués à deux établissements. Si on comprend bien l’attribution pour l’un d’eux, on ne comprend pas pour l’autre.
Réponse édifiante n°3 : « ces deux établissements sont proches, ce sera plus simple pour les futurs collègues »
Nous rappelons tout d’abord que le SNES-FSU est opposé à des postes partagés qui accroissent la charge de travail des personnels.
En résumé, pour avoir des moyens supplémentaires, il faut que votre chef.fe d’établissement n’hésite pas à faire remonter des faits, qu’il n’ait pas beaucoup d’élèves (sinon avec deux CPE ça suffit même si vous êtes en Education Prioritaire !) et ce serait encore mieux s’il était proche d’un établissement où des faits de violence sont fréquents (par capillarité ?).
Finalement, nos interlocuteurs rectoraux, décrochent la médaille d’or de l’euphémisme en admettant que leur répartition n’est « pas l’exercice le plus robuste » qu’ils aient effectué et qu’ils n’ont « pas que des arguments extrêmement clairs pour caractériser l’étiquetage S1/S2 ! ». Malgré cela, ils s’arc-boutent sur une classification qu’ils ont bien du mal à défendre devant nos interrogations !
Manifestement l’annonce ministérielle de ce plan tranquillité a pris les services rectoraux de court. Pourtant il n’était nullement besoin de se presser : l’autorisation financière de procéder aux recrutements n’était toujours pas arrivée dans les rectorats le jour du CSA ! Il est probable que ces postes seront créés au mieux pour la rentrée prochaine. Ils seront pourvus, si les choses vont vite, au mouvement intra. Sinon il y aura des affectations à titre provisoire.
Le SG souhaite que ces postes passent au mouvement spécifique académique. Les élus FSU récusent l’aspect pérenne de certains critères et refusent ce type de recrutement. Ils rappellent la volonté rectorale l’an dernier de transformer en SPEA un poste de CPE banalisé et, in fine, suite aux interventions des élus des personnels, son abandon par la Rectrice.
3. Mesures diverses
- Les classes passerelles : seule celle du lycée des Eucalyptus (Nice) sera maintenue
- La dotation pour les congés de formation professionnelle est inchangée. Il faudra attendre encore longtemps pour bénéficier de ces temps longs de congés (11 ans chez les certifiés), en vue de se former ou de se réorienter professionnellement.
- Celle pour les postes en CNED/réadaptation ne change pas non plus. Chaque année des collègues se voient refuser ce type de service par manque de place. Pourtant, le recul de l’âge des départs en retraite, va augmenter mécaniquement le nombre de candidats.
- Prépa seconde : ce dispositif, en sursis, est maintenu pour un an (une classe dans chaque département).
- AED : les 26 etp supplémentaires ne sont pas tous ventilés, les recrutements pourraient se faire avant la rentrée 2025.
4. Carte des langues
Elle a déjà fait l’objet d’une consultation en CAELVE.
Il s’agit des ouvertures et fermetures en collège de 6èmeq bilangue, de LCE, de dnl hors sections européennes, en lycée d’options, de dnl en section euro ou pas, de sections binationales et internationales.
5. Sections sportives
Toutes les demandes de renouvellement ont été accordées.
On note 3 fermetures (absence de partenaire ou baisse d’effectif) et 5 ouvertures (3 demandes ont eu un avis défavorable).
Greta du Var : du local au national
Cette structure connait depuis plusieurs années des difficultés financières importantes qui ont déjà conduit à deux plans sociaux qui ont fait des dégâts considérables sur les personnels qui sont déjà dans des situations très précaires. L’administration rectorale a présenté il y a plusieurs mois une solution pour sauver la structure et ses personnels : rattacher l’activité du Greta de var au GIP Fipan. Les organisations syndicales, dont la FSU, ne sont pas opposées à ce changement car il y a urgence à rétablir la situation. La visite de la F3SCT de la région académique en septembre dernier l’a confirmé si besoin était.
La formation continue des adultes, deuxième jambe de notre service public d’éducation, est depuis de nombreuses années laissée pour compte de la part de l’administration au plan national. Notre mécontentement fut grand quand nous avons découvert à l’occasion de cette séance que le ministère envisageait de généraliser à l’ensemble du territoire national cette expérimentation. Cette méthode est scandaleuse car au plan national d’autres solutions existent comme par exemple la nomination d’un chef d’établissement support et d’un agent comptable dédié uniquement à la gestion des Greta qui ont de nombreux sites à gérer et de nombreuses filières. Nous refusons que cette expérimentation locale serve de prétexte à une généralisation et à la fabrication d’un nouveau modèle de gestion.